|
Page 1 sur 10 Classification de Gell et Coombs :
Lorsque des réponses adaptatives se font de façon
exagérée ou inappropriée et provoquent
des lésions tissulaires, on parle
d’hypersensibilité. Ce type de
réponse n’est pas général,
est caractéristique de l’individu et
apparaît seulement lors d’un deuxième
contact avec un allergène. La classification de Gell et
Coombs (1975) répartit
l’hypersensibilité en quatre types (I, II, III et
IV), selon la forme d’action et le temps de
réponse. Ceux-ci sont rarement
individualisés et ne se développent pas
séparément l’un de l’autre.
Les trois premiers sont médiés par des anticorps,
le quatrième par les cellules T et les macrophages.
A l’heure actuelle, la classification de ces deux
immunologistes anglais sert toujours de
référence, bien que la
réalité soit plus complexe qu’elle ne
le paraissait à leur époque. A. L’hypersensibilité de type I :
C’est le type le plus fréquent et le plus
important du point de vue clinique ; il correspond
à l’hypersensibilité
immédiate (HSI) avec anticorps circulants qui sont des
immunoglobulines de type Ig E capables de se fixer sur les mastocytes
tissulaires et sur les basophiles du sang circulant.
Ces anticorps Ig E se trouvent à l’état
libre dans le sang circulant, mais c’est la partie
fixée sur les cellules qui est la plus importante, et qui
est directement responsable des symptômes allergiques.
Ceux-ci apparaissent quand les Ig E fixées à la
surface des mastocytes et des basophiles réagissent avec
l’allergène correspondant ; il en
résulte la dégranulation de ces cellules qui
libèrent dans la circulation des amines vasoactives qui sont
les médiateurs chimiques de l’allergie (histamine,
sérotonine, protéases, tryptase, prostaglandines,
leucotriènes…). La
caractéristique des réactions de
l’allergie de type I est que les symptômes
apparaissent très rapidement après
l’exposition à un allergène, en
règle générale entre 10 et 20 minutes,
mais quelquefois moins d’où le nom d’hypersensibilité immédiate.
Ce terme ne devrait pas être conservé, car on sait
maintenant que les manifestations de l’allergie de type I se
prolongent parfois bien au-delà du délai pendant
lequel peuvent agir les médiateurs
libérés. Le
mécanisme de la réaction allergique
médiée par IgE se déroule en 2
étapes : - la
sensibilisation : le système immunitaire de
l’organisme va produire des IgE spécifiques lors
du premier contact avec l’allergène. Cette
première étape est muette cliniquement, on ne
présentera donc aucun symptôme.
- la réaction allergique proprement dite : lors
d’un second contact avec l’allergène (ou
d’un allergène de structure proche dans le cas des
allergies croisées), le système immunitaire va
reconnaître l’allergène et
réagir contre lui (activation des mastocytes et basophiles
et libération de médiateurs chimiques, notamment
l’histamine, et des cytokines pro-inflammatoires). Le sujet
va déclencher, lors de cette étape, une
manifestation clinique allergique dont la gravité
dépend de chaque individu.
B. L’hypersensibilité de
type II :
Celle-ci est dite cytotoxique ou cytolytique. Dans ces
réactions immunes, les anticorps sont libres dans le
sérum alors que l’antigène est
fixé à la surface de certaines cellules ou est un
composant de la membrane cellulaire elle-même.
Quand les anticorps réagissent avec
l’antigène, il se produit une activation du
complément qui aboutit à la
détérioration de la cellule et même
à sa lyse . Les maladies relevant de ce
mécanisme sont essentiellement les accidents de transfusion
incompatible, la maladie hémolytique du
nouveau-né, les cytopénies
médicamenteuses et les maladies auto-immunes, comme par
exemple l’anémie pernicieuse ou encore la maladie
d’Addison. C.
L’hypersensibilité de type III : Ces réactions
sont dues à des anticorps circulants, les
précipitines qui appartiennent à la classe des Ig
G. Le système complémentaire est
activé quand ces anticorps réagissent avec des
antigènes pour produire un complexe
antigène-anticorps. Cette activation du
complément entraîne une accumulation de
polynucléaires et une libération
d’histamine, et aboutit à des lésions
tissulaires analogues à celles du
phénomène d’Arthus. Ces réactions sont semi-retardées (>
6 heures). D.
L’hypersensibilité de type IV : Celle-ci se
différencie des 3 autres en ce sens qu’elles ne
sont pas produites par des anticorps mais par des cellules
immuno-compétentes, les lymphocytes. Ces
réactions se caractérisent aussi par le
délai de 24 à 72 heures nécessaire
à l’apparition des manifestations après
la réintroduction de
l’antigène : d’où le
nom d’hypersensibilité retardée
à médiation cellulaire. De ce fait, cette
hypersensibilité n’est pas transmissible par
injection de sérum mais uniquement par injection de cellules
vivantes, essentiellement des lymphocytes T. Les réactions
de type IV entraînent des lésions tissulaires
inflammatoires avec infiltration de cellules
mononucléées (lymphocytes et macrophages). La
réaction inflammatoire peut conduire à des
lésions tissulaires irréversibles.
Remarque : n’importe quel
sujet peut développer une hypersensibilité
retardée !
<< Début < Précédente 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Suivante > Fin >> |