Menu Content/Inhalt
2. Les allergies et intolérances alimentaires : généralités

Les tests in vitro – prise de sang

Les tests in vitro (RAST et ELISA par exemple) sont également effectués pour rechercher une éventuelle allergie alimentaire médiée par les IgE mais ils sont considérés comme moins sensibles et moins spécifiques que les tests cutanés.

Le dosage des IgE totales

Ce dosage ne sert pas à grand-chose dans le dépistage d’un terrain allergique car des IgE totales élevées peuvent être le signe d’infections virales ou de parasitoses par exemple.

Le dosage des IgE spécifiques

Comme pour les tests cutanés, des IgE spécifiques à un allergène positives montrent qu’il existe une sensibilisation. Sans réaction allergique, on parle de sensibilisation. Lors de manifestations cliniques au contact de l’allergène, on parle d’allergie.

Les tests de provocation


Le test de provocation labiale

Au cours de ce test, on met les lèvres en contact avec des aliments afin de vérifier s’il y a manifestation allergique ou non. Ce test est simple, rapide et peu coûteux.

Le test de provocation orale

Lorsque l’on n’arrive pas à déterminer s’il y a sensibilisation (les tests cutanés et/ou sanguins sont positifs) ou allergie, on pratique un test de provocation orale avec des quantités croissantes d’aliment(s). Ce test permet de cibler le ou les allergène(s) responsable(s) des réactions et d’éviter des évictions alimentaires inutiles. Le fait de donner des quantités de plus en plus importantes d’allergène permet de déterminer la quantité d’aliment qui déclenche les réactions (= dose cumulée réactogène) ainsi que le type de symptômes. Cela permet d’évaluer le risque encouru par la consommation accidentelle de l’aliment et ainsi de prendre les mesures thérapeutiques nécessaires.

Le test de provocation orale nécessite également l’arrêt des médicaments (corticoïdes et anti-histaminiques) pendant plusieurs jours.

Il existe différents types de tests de provocation orale : en ouvert (la patient et le médecin sont au courant du contenu du test), en simple aveugle (seul le médecin connaît le contenu du test) et en double aveugle (aucun des deux ne connaît le contenu du test).

Le test en ouvert est très utile pour éliminer les causes. Ce test est suffisant chez la plupart des patients chez qui l’on suspecte une allergie pour confirmer un diagnostic.

Le test en simple aveugle est utile pour confirmer des symptômes objectifs.

Le test en double aveugle est réalisé dans des circonstances particulières : un contexte psychologique difficile, une croyance familiale ancrée pour de multiples aliments, un syndrome d’allergies multiples, les symptômes subjectifs du grand enfant (douleurs abdominales, myalgies), la prise accidentelle d’un aliment suspect sans réaction clinique et persistance de la croyance familiale dans l’allergie alimentaire et des études scientifiques en allergologie alimentaire (Rancé et Bidat).

Les tests de provocation en double aveugle contrôlés par placebo (DBPCFC – double-blind placebo-controlled food challenge) sont les « étalons or » pour le diagnostic des allergies alimentaires et pour valider les études en allergologie alimentaire. cependant, ils prennent du temps, sont onéreux et peuvent être pénibles pour le patient (risques de réactions systémiques sévères).

Ils doivent être réalisés par un personnel entraîné et dans un lieu où un équipement permettant de prendre en charge les réactions d’anaphylaxie est disponible immédiatement (c’est-à-dire en milieu hospitalier).

Ces tests sont contre-indiqués chez les patients avec une histoire évidente d’anaphylaxie suite à l’ingestion isolée d’un aliment. Cependant, si plusieurs aliments ont été consommés par le patient et que plusieurs tests cutanés sont positifs, il est primordial d’identifier l’aliment responsable !

L’Académie Européenne d’Allergologie et d’Immunologie Clinique (EAACI) s’est positionnée concernant la standardisation des tests de provocation chez les patients souffrant de réactions immédiates.

Conclusion

On peut résumer en reprenant un texte de Juchet : « Dans l’allergie alimentaire IgE-dépendante, la positivité des prick tests et des IgE spécifiques permet uniquement de poser le diagnostic de sensibilisation alimentaire. Le diagnostic d’allergie alimentaire est confirmé par la positivité du test de provocation orale. Dans les formes mixtes et non IgE-médiées d’allergie alimentaire, les prick tests doivent être complétés par des atopy patch tests aux aliments consommés couramment par l’enfant. En cas de positivité, la pertinence des tests est affirmée par l’amélioration des symptômes sous régime d’éviction. La récidive des symptômes lors d’un test de provocation orale confirmera le diagnostic d’allergie alimentaire. »

E. Les allergies croisées

On parle d’allergie croisée quand un individu réagit à des protéines présentes dans des substances végétales ou animales taxonomiquement proches, ou à des protéines ayant une grande homologie de structure mais issues de sources d’allergènes très différentes.

On constate 3 types d’allergies croisées impliquant des aliments : aliments – pneumallergènes aliments – aliments aliments – latex

Les allergies croisées aliments – pneumallergènes

Des individus allergiques aux pollens de bouleau, de composées, ou encore de graminées… peuvent développer des symptômes lors de l’ingestion de certains aliments.

En cas d’allergie au pollen de bouleau, 50 à 60 % (voire même 70 %) des patients sont sensibilisés aux fruits et légumes de la famille des rosacées (pomme, poire, pêche, abricot, prune, cerise, carotte, céleri, … ), aux noisettes, aux amandes, aux noix de coco, aux châtaignes et aux noix. L’allergénicité de ces fruits et légumes est réduite, voire détruite, lors de la cuisson.

Au moins 50 % des personnes allergiques au pollen de composées, telles que l’armoise et l’ambroisie, présentent une sensibilisation au céleri (ombellifère). Des personnes allergiques aux épices (poivre, moutarde, anis, fenouil, coriandre, cumin, curry) et au céleri peuvent présenter une pollinose, notamment dirigée contre l’armoise.

Il peut aussi exister une allergie aux pollens de graminées et aux solanacées (tomate, pomme de terre, poivron).

On peut rencontrer des sensibilisations croisées entre les acariens, les escargots et la crevette. Un allergique aux acariens peut présenter des symptômes en consommant des crevettes ou des escargots.

On a également décrit le « syndrome œuf-oiseau » (après un contact prolongé avec des oiseaux, des individus peuvent développer une allergie alimentaire à l’œuf). Il peut aussi exister une allergie croisée entre le blanc d’œuf de poule et celui d’œuf de cane, d’oie ou de dinde ainsi qu’entre le blanc d’œuf de poule et la viande de poulet.

On a décrit également un « syndrome porc-chat ».

Les allergies croisées aliments – aliments

Il s’agit d’allergies croisées à différents aliments d’une même famille botanique (les légumineuses, les rosacées, les solanacées, les ombellifères, les brassicaceae…), aux laits de différentes espèces de mammifères (lait de vache, chèvre, jument, anesse), aux différentes viandes par l’intermédiaire d’une sensibilisation à la sérumalbumine, aux différents crustacés et mollusques (sensibilisation à la tropomyosine).

Les allergies croisées aliments – latex

Il existe des réactions croisées entre le latex et certains aliments (banane, avocat, kiwi, châtaigne, papaye, ananas, arachide, melon, tomate, céleri, fruit de la passion …) (= syndrome latex – fruits) . La liste des aliments impliqués s’allonge régulièrement.



 
< Précédent   Suivant >