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2. Les allergies et intolérances alimentaires : généralités

Signes non reconnus de l’allergie alimentaire

Exemples : migraines, troubles psychologiques, neuropathies, syndrome d’hyperkinésie, syndrome de fatigue chronique, dysurie, arthrite, maladies vasculaires auto-immunes…

Les céphalées :

Le déclenchement par certains aliments de crises migraineuses est fréquemment allégué par les patients. Les mécanismes qui sous-tendent ce phénomène sont inconnus. Les aliments les plus souvent incriminés dans le déclenchement de migraines sont riches en amines biogènes ou histaminolibérateurs : vin, chocolat, œuf, charcuterie, fromage…

Remarque : le glutamate de sodium peut induire des migraines probablement par un effet vasospastique direct sur le tonus artériel. La tyramine est un agoniste du glutamate. L’association de tyramine et de glutamate de sodium augmente la fréquence et l’intensité des migraines.

Le syndrome des enfants hyperréactifs :

Celui-ci a bénéficié d’une large médiatisation malgré le manque d’études cliniques et scientifiques confortant l’hypothèse d’une relation de ces troubles caractériels avec une intolérance aux additifs.

Les symptômes neurovégétatifs :

Il n’est pas possible de passer sous silence de nombreux symptômes neurovégétatifs (neurosensoriels en particulier) qui font suspecter par le patient une origine alimentaire. Il s’agit en fait, comme on pourra l’affirmer après en avoir fait l’analyse et le bilan, de névroses alimentaires, et l’on doit les considérer comme un diagnostic différentiel qui tend peut-être à augmenter de fréquence avec la médiatisation des allergies alimentaires et des fausses allergies alimentaires.

Le choc histaminique :

Celui-ci est rare, fruste et d’apparition plus tardive que le choc anaphylactique. Il survient en règle générale 2 à 3 heures après le repas. Le sujet accuse une sensation de chaleur avec érythème généralisé, nausées, vomissements ou diarrhée. Une chute tensionnelle modérée et transitoire est parfois observée. Sa relative bénignité le différencie du choc anaphylactique de l’allergie alimentaire. Il est souvent rapporté à l’ingestion d’aliments particulièrement riches en histamine.

B. La prévalence

a. Augmentation de la fréquence des allergies : observations

En général, les allergies sont plus fréquentes chez les riches que chez les pauvres, dans les villes qu’à la campagne et dans les pays de l’Ouest que dans ceux de l’Est. Ainsi, l’asthme est rare en Europe de l’Est et sa prévalence est élevée dans les pays industrialisés et anglophones comme l’Angleterre, l’Australie, l’Irlande et l’Amérique.

b. Les causes possibles de l’augmentation

Les professionnels de la santé sont de plus en plus vigilants en ce qui concerne les allergies alimentaires. En effet, auparavant, la prévalence était sous-estimée ; ce qui nous conduit à relativiser l’accroissement récent des chiffres de prévalence observés.

Cependant, certaines études montrent que l’augmentation de la prévalence pourrait être expliquée par d’autres facteurs.

Il semblerait qu’un âge maternel supérieur à 30 ans, à la naissance (surtout s’il s’agit du premier enfant), serait un facteur de risque important.

D’après Langhendries, les études épidémiologiques des dernières années démontrent que l’infection au sens large dans le jeune âge est susceptible de diminuer le risque de voir se développer ultérieurement des phénomènes atopiques. La colonisation bactérienne du nouveau-né est capitale dans la prévention des allergies. Plusieurs constatations ont été faites : Le mode de délivrance serait un facteur de risque  : il faut privilégier les accouchements par voie basse car c’est le meilleur moyen d’avoir une colonisation microbienne plus adéquate (via la flore vaginale mais surtout fécale de la mère) ; il faut encourager un allaitement maternel exclusif prolongé qui va permettre le développement d’une flore intestinale riche en bifidobactéries et en lactobacilles  ; il faut éviter les antibiothérapies qui ne semblent pas justifiées. Si, malgré tout, elle est indispensable, elle doit être la plus courte possible et choisir un antibiotique avec un spectre étroit ; il faut également bannir une diversification alimentaire précoce. Elle doit être lente et progressive.

La théorie « hygiéniste » pourrait expliquer la hausse des réactions allergiques dans nos contrées vu l’amélioration de l’hygiène dans nos sociétés. En effet, notre mode de vie « aseptisé » conduirait à une évolution du système immunitaire des jeunes enfants vers un profil de type Th2 (lymphocytes) associé à des réactions IgE-dépendantes, au détriment du profil de type Th1 (moins impliqué dans les réactions allergiques).

Notre environnement a également changé (confinement des appartements, climatisation…). La pollution, automobile en particulier (ozone, particules de diesel) aggrave les symptômes d’allergie mais son rôle initiateur de sensibilisation reste incertain.

Les vaccinations seraient également un facteur de risque des allergies.

Nous avons également la chance de disposer d’une large gamme de denrées alimentaires provenant d’horizons divers, qui sont autant d’allergènes potentiels pour les consommateurs (ex. fruits exotiques). Les habitudes alimentaires se sont modifiées au cours du temps avec une diminution de la consommation d’acides gras oméga-3 , une augmentation des apports en oméga-6 et une réduction des apports en antioxydants.

Le consommateur est aussi exposé à des allergènes masqués issus des produits de l’industrie agroalimentaire. Ces produits sont de plus complexes et contiennent parfois des allergènes dont on ne soupçonne pas l’existence (ex. contaminations).

c. La situation générale

On évalue la prévalence des allergies alimentaires entre 2 et 4 % tous âges confondus. Il semblerait qu’elle ait doublé en 10 à 15 ans. Elle est aussi plus fréquente chez l’enfant que chez l’adulte.

Bien qu’il y ait assez bien de publications concernant la prévalence des allergies alimentaires, il n’est pas évident de déterminer si l’on peut tirer des conclusions des rapports quant à la cohérence des estimations et la qualité de l’information (différences dans les objectifs, ou la méthodologie ou encore différences entre les populations). C’est pourquoi il est recommandé que les études soient faites en utilisant des méthodes standardisées, si possible des tests de provocation.

On estime la prévalence des allergies alimentaires chez les enfants à 6 à 8 %.

Venter et ses collaborateurs (UK) ont réalisé une étude sur 969 enfants âgés de 1 à 3 ans. Ils en ont conclu que 5 à 6 % des enfants souffrent d’allergie alimentaire (chiffres basés sur l’histoire clinique et des tests de provocation). Les principaux aliments impliqués étaient le lait de vache, l’œuf de poule et l’arachide. A l’âge de 3 ans, ¾ des enfants avaient perdu leur hypersensibilité au lait et la moitié à l’œuf.



 
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