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Signes non reconnus de l’allergie alimentaire
Exemples : migraines, troubles psychologiques, neuropathies,
syndrome d’hyperkinésie, syndrome de fatigue chronique, dysurie,
arthrite, maladies vasculaires auto-immunes…
Les céphalées :
Le déclenchement par certains aliments de crises migraineuses est
fréquemment allégué par les patients. Les mécanismes qui sous-tendent
ce phénomène sont inconnus. Les aliments les plus souvent incriminés
dans le déclenchement de migraines sont riches en amines biogènes ou
histaminolibérateurs : vin, chocolat, œuf, charcuterie,
fromage…
Remarque : le glutamate de sodium peut induire des migraines
probablement par un effet vasospastique direct sur le tonus artériel.
La tyramine est un agoniste du glutamate. L’association de tyramine et
de glutamate de sodium augmente la fréquence et l’intensité des
migraines.
Le syndrome des enfants hyperréactifs :
Celui-ci a bénéficié d’une large médiatisation malgré le manque
d’études cliniques et scientifiques confortant l’hypothèse d’une
relation de ces troubles caractériels avec une intolérance aux
additifs.
Les symptômes neurovégétatifs :
Il n’est pas possible de passer sous silence de nombreux symptômes
neurovégétatifs (neurosensoriels en particulier) qui font suspecter par
le patient une origine alimentaire. Il s’agit en fait, comme on pourra
l’affirmer après en avoir fait l’analyse et le bilan, de névroses
alimentaires, et l’on doit les considérer comme un diagnostic
différentiel qui tend peut-être à augmenter de fréquence avec la
médiatisation des allergies alimentaires et des fausses allergies
alimentaires.
Le choc histaminique :
Celui-ci est rare, fruste et d’apparition plus tardive que le choc
anaphylactique. Il survient en règle générale 2 à 3 heures après le
repas. Le sujet accuse une sensation de chaleur avec érythème
généralisé, nausées, vomissements ou diarrhée. Une chute tensionnelle
modérée et transitoire est parfois observée. Sa relative bénignité le
différencie du choc anaphylactique de l’allergie alimentaire. Il est
souvent rapporté à l’ingestion d’aliments particulièrement riches en
histamine.
B. La prévalence
a. Augmentation de la fréquence des
allergies : observations
En général, les allergies sont plus fréquentes chez les riches que chez
les pauvres, dans les villes qu’à la campagne et dans les pays de
l’Ouest que dans ceux de l’Est.
Ainsi, l’asthme est rare en Europe de l’Est et sa prévalence est élevée
dans les pays industrialisés et anglophones comme l’Angleterre,
l’Australie, l’Irlande et l’Amérique.
b. Les causes possibles de l’augmentation
Les professionnels de la santé sont de plus en plus vigilants en ce qui
concerne les allergies alimentaires. En effet, auparavant, la
prévalence était sous-estimée ; ce qui nous conduit à
relativiser l’accroissement récent des chiffres de prévalence observés.
Cependant, certaines études montrent que l’augmentation de la
prévalence pourrait être expliquée par d’autres facteurs.
Il semblerait qu’un âge maternel supérieur à 30 ans, à la naissance
(surtout s’il s’agit du premier enfant), serait un facteur de risque
important.
D’après Langhendries, les études épidémiologiques des dernières années
démontrent que l’infection au sens large dans le jeune âge est
susceptible de diminuer le risque de voir se développer ultérieurement
des phénomènes atopiques.
La colonisation bactérienne du nouveau-né est capitale dans la prévention des allergies.
Plusieurs constatations ont été faites :
Le mode de délivrance serait un facteur de risque : il faut
privilégier les accouchements par voie basse car c’est le meilleur
moyen d’avoir une colonisation microbienne plus adéquate (via la flore
vaginale mais surtout fécale de la mère) ;
il faut encourager un allaitement maternel exclusif prolongé qui va
permettre le développement d’une flore intestinale riche en
bifidobactéries et en lactobacilles ;
il faut éviter les antibiothérapies qui ne semblent pas justifiées. Si,
malgré tout, elle est indispensable, elle doit être la plus courte
possible et choisir un antibiotique avec un spectre étroit ;
il faut également bannir une diversification alimentaire précoce. Elle doit être lente et progressive.
La théorie « hygiéniste » pourrait expliquer la
hausse des réactions allergiques dans nos contrées vu l’amélioration de
l’hygiène dans nos sociétés. En effet, notre mode de vie
« aseptisé » conduirait à une évolution du système
immunitaire des jeunes enfants vers un profil de type Th2 (lymphocytes)
associé à des réactions IgE-dépendantes, au détriment du profil de type
Th1 (moins impliqué dans les réactions allergiques).
Notre environnement a également changé (confinement des appartements,
climatisation…). La pollution, automobile en particulier (ozone,
particules de diesel) aggrave les symptômes d’allergie mais son rôle
initiateur de sensibilisation reste incertain.
Les vaccinations seraient également un facteur de risque des allergies.
Nous avons également la chance de disposer d’une large gamme de denrées
alimentaires provenant d’horizons divers, qui sont autant d’allergènes
potentiels pour les consommateurs (ex. fruits exotiques). Les habitudes
alimentaires se sont modifiées au cours du temps avec une diminution de
la consommation d’acides gras oméga-3 , une augmentation des apports en
oméga-6 et une réduction des apports en antioxydants.
Le consommateur est aussi exposé à des allergènes masqués issus des
produits de l’industrie agroalimentaire. Ces produits sont de plus
complexes et contiennent parfois des allergènes dont on ne soupçonne
pas l’existence (ex. contaminations).
c. La situation générale
On évalue la prévalence des allergies alimentaires entre 2 et 4 % tous
âges confondus. Il semblerait qu’elle ait doublé en 10 à 15 ans. Elle
est aussi plus fréquente chez l’enfant que chez l’adulte.
Bien qu’il y ait assez bien de publications concernant la prévalence
des allergies alimentaires, il n’est pas évident de déterminer si l’on
peut tirer des conclusions des rapports quant à la cohérence des
estimations et la qualité de l’information (différences dans les
objectifs, ou la méthodologie ou encore différences entre les
populations). C’est pourquoi il est recommandé que les études soient
faites en utilisant des méthodes standardisées, si possible des tests
de provocation.
On estime la prévalence des allergies alimentaires chez les enfants à 6 à 8 %.
Venter et ses collaborateurs (UK) ont réalisé une étude sur 969 enfants
âgés de 1 à 3 ans. Ils en ont conclu que 5 à 6 % des enfants souffrent
d’allergie alimentaire (chiffres basés sur l’histoire clinique et des
tests de provocation). Les principaux aliments impliqués étaient le
lait de vache, l’œuf de poule et l’arachide. A l’âge de 3 ans, ¾ des
enfants avaient perdu leur hypersensibilité au lait et la moitié à
l’œuf.
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